Le syndrome des loges est une pathologie grave qui apparaît quand il y a une augmentation de la pression qui survient au sein d’un compartiment ou loge musculaire. Les loges sont les ensembles de tissus musculaires, vaisseaux sanguins, et nerfs des bras et des jambes. Chaque loge est entourée et soutenue par du tissu épais appelé aponévrose. Étant donné que l’aponévrose n’est pas extensible, lorsqu’il y a un gonflement dans une loge, cela entraîne une pression contre les structures à l’intérieur de la loge. À terme, le sang circule moins bien. Ce phénomène perturbe la fonction et la viabilité des tissus contenus dans ce compartiment. Les lésions liées au syndrome de loges concernent principalement les muscles et les nerfs.
LES TYPES DE SYNDROME DE LOGE
Le syndrome de loge aigu correspond aux symptômes aigus dus à l’augmentation brutale de la pression intramusculaire. Ceci entraîne une baisse de la vascularisation du tissu et une souffrance musculaire. A terme, cela peut créer un œdème qui diminue l’apport sanguin artériel à un organe.
Le syndrome de loge aigu peut se développer :
- suite à une fracture
- suite à une blessure qui écrase le membre
- suite à un hématome musculaire sévère
- suite au port d’un plâtre ou d’un bandage serré
- suite à la consommation excessive d’alcool ou de drogues
- suite à une électrisation (formes graves)
Lorsque la pression tissulaire atteint le seuil de 30 mmHg, la pression critique de fermeture du vaisseau est atteinte et la perfusion musculaire s’interrompt provoquant une ischémie tissulaire. Cette ischémie peut être aggravée par la diminution du gradient artério-veineux du fait de l’augmentation de la pression veineuse consécutive à la gêne au retour veinolymphatique, celle-ci étant due à l’hyperpression. Cette cascade qui associe hyperpression-œdème-ischémie auto-aggravée aboutit à la survenue d’une douleur. La douleur serait due soit à l’ischémie musculaire, soit à la compression des terminaisons nerveuses sensitives musculaires par l’œdème. Comme l’ischémie se situe à l’étage microcirculatoire, les pouls distaux sont toujours conservés, même en présence d’un syndrome aigu. Ce phénomène atteint essentiellement la loge des fléchisseurs. Et touche par ordre de fréquence, les loges de la jambe puis de l’avant-bras, du bras, de la cuisse, de la fesse et du deltoïde.
La douleur lors d’un syndrome des loges est :
- Très intense voire disproportionnée par rapport au mécanisme causal, · Siégeant au niveau de la loge lésée, · Sous forme de tension et de crampe, · Résistant aux antalgiques et aux changements de position, · Exacerbée lors de la mise en tension de la musculature de la loge musculaire en cause et lors de la mobilisation passive. Caractéristiques de la douleur
Prises en charge chirurgicales :
Avant-bras : En principe, la décompression de la loge volaire/palmaire par voie d’abord de Henry suffit à décomprimer les deux autres loges, sauf si le syndrome de loge est très important, auquel cas il faut rajouter une incision dorsale et une incision du tunnel carpien.
Le syndrome de Volkmann est la manifestation tardive de séquelles ischémiques entraînant une rétraction définitive des muscles de l’avant-bras. Le syndrome de loge chronique correspond aux manifestations temporaires et réversibles liées à cette augmentation de pression intramusculaire. Il survient essentiellement chez le sportif. Le muscle peut accroître son volume de près de 30% durant l’effort physiologique entraînant un conflit contenu-contenant chez certains sujets.




