La maladie de Kienbock se définit comme une nécrose aseptique du semi-lunaire (un os appartenant à la première rangée du carpe) sans notion de traumatisme.
Les facteurs incriminés dans la genèse de cette maladie sont :
- L’hyperpression du radius sur le semi-lunaire
- La fragilité vasculaire du semi-lunaire

Variantes vasculaires du semi-lunaire
La clinique :
Les signes cliniques ne sont pas spécifiques mais doivent faire évoquer le diagnostic surtout chez un adulte jeune qui présente des douleurs au poignet associées ou non à une certaine raideur et surtout une perte de force de serrage avec une douleur localisée sur le semi-lunaire.
Bilan complémentaire :
Les radiographies standards du poignet de face et de profil peuvent être normales à un stade de début : il faut en cas de doute diagnostique, pratiquer une IRM ou un scanner ; ces examens vont montrer une différence de contraste ou des altérations osseuses en faveur d’une nécrose débutante sur le semi-lunaire.
La maladie de Kienböck est classée selon les stades radiologiques « Lichtman » :
Le traitement de la maladie de Kienböck est chirurgical : en l’absence d’un traitement chirurgical, l’évolution se fait vers l’aggravation des signes cliniques et radiologiques sans que l’on puisse donner un délai dans le passage des différents stades.

La décision de la conservation du semi-lunaire dépend de l’aspect radiologique de cet osselet et du stade évolutif de la maladie.
- Techniques conservant le semi-lunaire : le but c’est de réduire la pression qui s’exerce sur le semi-lunaire en cas de différence de longueur des deux os de l’avant-bras on pratiquera le plus souvent l’ostéotomie raccourcissante du radius.
- en cas de longueur équivalente des deux os de l’avant-bras. diminution de la hauteur du grand-os : cela » ouvre » la loge du semi-lunaire par le bas,
- arthrodèse de la colonne externe : par une arthodèse partielle entre le scaphoïde et le couple trapèze trapézoide, ou entre le scaphoide et le grand-os : cela augmentera la hauteur du carpe sous le hauvent du radius et par conséquent la pression exercée sur le semi-lunaire diminuera.
- modification de l’inclinaison du radius ; soit verticalisation soit horizontalisation : ces deux techniques peuvent modifier de façon significative la pression intra carpienne.
- revascularisation du semi-lunaire : les techniques microchirurgicales.
- techniques excisant le semi-lunaire : elles sont indiquées quand l’architecture du semi-lunaire est trop altérée
- remplacement du semi-lunaire par le pisiforme ou par une prothèse
- résection de la première rangée des os du carpe : c’est une intervention classique, qui consiste à exciser les trois osselets de la première rangée des os du carpe pour aboutir à une articulation dont la deuxième rangée s’articule avec le radius. Cette intervention conserve un poignet stable, mobile et fort.
Ses différentes interventions peuvent être associées à :
- une dénervation du carpe (désensibilisation du poignet)
- un vidage de l’os spongieux de l’extrémité distale du radius (réduit la pression)
Le choix de la technique chirurgicale dépend de plusieurs facteur dont
- l’Age ; leur métier,
- du stade de la maladie,
- l’existence ou non d’une inégalité de longueur des deux os de l’avant-bras
- d’une pente radiale pathologique,
- l’existence ou non d’une arthrose du poignet associée.
Les suites opératoires sont différentes selon les techniques utilisées.
Votre chirurgien vous donnera les renseignements nécessaires sur le choix de l’intervention (en fonction du diagnostic et du stade de la maladie), ses étapes de déroulement et ses suites ainsi que le bénéfice attendu.



