Le syndrome du défilé cervicothoracique correspond anatomiquement à la compression du plexus brachial et des vaisseaux sous-claviers dans un passage étroit formé par le défilé interscalénique et l’espace costo-pectoral. Les causes de ce problème sont multiples. Il s’agit très souvent de formes fonctionnelles liées à la posture avec une horizontalisation des clavicules, à une hypertrophie mammaire, plus rarement des causes anatomiques existent comme la présence d’une côte surnuméraire plus ou moins complète. La présence d’une côte cervicale est observée chez moins de 1% de la population et elle est 9 fois sur 10 asymptomatique

Les signes cliniques:
Les éléments anatomiques sont compressés lors de l’élévation du membre supérieur, typiquement pour aller chercher un objet sur une étagère ou accrocher du linge.
Les formes cliniques sont très variables :
- Les formes vasculaires pures se révèlent par une ischémie d’effort, une phlébite d’un membre supérieur, une embolie distale voire un syndrome de Raynaud. Ces formes représentent environ 5% de l’ensemble des cas.
- Les formes nerveuses pures sont aussi rares ; il existe des formes hautes et des formes basses qui se manifestent par une douleur due à une atteinte d’un tronc nerveux du plexus brachial, avec des paresthésies à type de fourmillement ou d’engourdissement, parfois même avec une paralysie motrice comme une » griffe cubitale » par atteinte des racines C7-C8.
- La forme mixte est la plus fréquente mais aussi la plus difficile à diagnostiquer. Elle se caractérise par des douleurs dans le bras et une sensation de lourdeur majorée lors de l’élévation du bras ; les patients ne peuvent pas rester longtemps les bras en l’air.
Le diagnostic repose avant tout sur l’interrogatoire et l’examen clinique.
Certaines manœuvres permettent de démasquer le problème vasculaire.
Manœuvre d’Adson : Le test consiste en une rotation de la tête du côté examiné, le menton relevé, bras examiné en rotation externe et légère abduction (30°), accompagné d’une inspiration profonde. Le test est positif si le pouls radial disparaît du côté atteint.
Test de Wright : Le membre examiné est placé en rotation externe et en abduction de 180°. On recherchera dans cette position une disparition du pouls radial, l’apparition de paresthésie, de douleur.
Test d’Allen : Bras en rotation externe de 90°, abduction de 90°, menton abaissé et tourné en controlatéral. Test positif si disparition du pouls radial, l’apparition de paresthésie, de douleur.
Test d’Eden ou Falconer : patient debout au garde à vous, rotation externe et rétropulsion de l’épaule afin de fermer l’espace costo-claviculaire. Positif si disparition du pouls radial, l’apparition de paresthésie, de douleur.
Manœuvre de Roos : Le patient se place en position de “haut les mains” et effectue des mouvements d’ouverture et de fermeture de la main. Le test est positif si les symptômes apparaissent avant 40 mouvements ou moins de 3 minutes. Les manœuvres d’Adson de Wright et de Roos mettent en évidence un amortissement ou une disparition du pouls radial et une crampe musculaire.
Les zones de compressions sont souvent :
Les examens complémentaires :
L’écho-Doppler pulsé permet d’étudier les vaisseaux sous-claviers et de rechercher un rétrécissement ou une dilatation anévrysmale sachant qu’un souffle correspond à un rétrécissement de plus de 50% du calibre.
Deux tests cliniques positifs et un Doppler positif posent le diagnostic.
Les radiographies standards du rachis cervical recherchent la présence d’une côte ou d’un moignon de côte surnuméraire.
L’électromyogramme est rarement significatif sauf dans les formes nerveuses patentes avec une paralysie sensitivo-motrice établie.
L’IR.M n’est pas très contributive et l’angioscanner spiralé pourrait être utile.
Le traitement du syndrome du défilé cervicothoracique:
Le traitement est essentiellement fonctionnel par une rééducation adaptée.
Cette rééducation a pour but d’ouvrir le défilé et la pince costo-claviculaire. Le résultat réclame du temps en général et le maintenir nécessite un entretien physique adéquat.
Le traitement chirurgical n’intervient que pour des formes déficitaires patentes ou lors de la mise en évidence d’un obstacle anatomique identifié. La voie d’abord cervicale est surtout utilisée pour les formes neurologiques avec résection d’une côte cervicale ou de tractus fibreux ou du scalène moyen. La voie axillaire de Ross est plutôt réservée aux formes vasculaires nécessitant la résection de la 1e côte.






